Tsukihime par Type-Moon et Sasakishonen

Publié le 23 Août 2012

Tsukihime par Type-Moon et Sasakishonen

Amour de jeunesse.

Titre: Tsukuhime

Manga-ka: Sasakishonen et Type Moon.

Date de publication au japon: 2004

Statut de la série: Terminée

Statut de ma lecture: Terminée

Editeur en France: Ki-oon

Nombre de tomes: 10

Niveau d'appréciation: Bien.

[Page au pif pour avoir une idée du graphisme]

Shiki Tonô est un adolescent possédant un don très particulier: Il est capable de voir les lignes de mort qui parcourent les gens et les objets. Enfoncez quoi que ce soit dans l'une de ces lignes et la personne ou l'objet est tranché net. Alors que sa vie est déjà chamboulée par un retour chez sa sœur, dernier membre de sa famille dont il n'a aucun souvenir, le jeune homme fait une rencontre plutôt traumatisante. En effet, en marchant dans la rue Shiki croise une belle inconnue... Et pris d'une pulsion meurtrière la découpe en morceau. Sonné, lorsqu'il se réveille chez lui, l'adolescent croit à un cauchemar. Jusqu'à ce que l'assassinée se présente à lui en lui demandant des comptes pour son meurtre de la veille.

Bon à savoir, Tsukihime est l'adaptation d'un jeu vidéo du studio Type-Moon, les même auxquels on doit le célèbre Fate Stay Night et l'orgasmique la mirifique l'hallucinante la démentielle la splendide série d'animes des Kara no kyoukai ou Garden of sinners dans l'hexagone (que je n'ai toujours pas terminée tellement j'ai pas envie que ça s'arrête).

D'autre part, ce manga était un des mes petit chouchous fin collège début lycée, malheureusement, au fur et à mesure que les tomes sont sortis mon intérêt pour lui à pas mal décliné (un peu comme le scénario en fait). Néanmoins, Tsukihime demeure une bonne lecture, divertissante, et peu onéreuse parce que 10 tomes dans l'univers du manga, c'est pas la mer à boire.

Bonjour les enfants, prêts à vous faire retourner le cerveau ?

Le principe de Tsukihime est qu'une grande partie de l'histoire se fait dans la tête du héros. On suit en détails ses doutes, ses angoisses et ses luttes intérieures. Naturellement instable, Shiki est en quête permanente d'une explication à ce qui lui arrive dans un passé dont il ne se souvient pas, et au prise avec sa capacité qui l'oblige à affronter sa propre peur de la mort. Notre héros tente donc d'appréhender des situations qui le dépassent complètement avec les armes ridicules dont il dispose... Et évidemment, se trompe souvent. Au moindre événement troublant on se retrouve donc avec un déluge de fausses pistes et un héros sur le point de craquer psychologiquement, le tout pour déboucher sur des gros mind blown. Sachant que des événements troublants dans Tsukihime, ce n'est pas ce qui manque: La totalité de l'univers dans lequel Shiki évolue est fait de secrets, de mensonges, et d'illogismes. Pour autant, le héros ne reste pas tout le temps dans son marasme dépressif. S'il change au cours du manga à la manière d'un personnage de shônen classique, il y a aussi ces moments où Shiki cesse de penser et devient une bête enragée soumise à ses pulsions qui lui donne le charisme et la grâce qui manquait cruellement au personnage de base. Maintenant que j'y pense il y aurait une analyse intéressante à faire sur la réécriture du mythe du loup-garou dans Tsukihime, mais passons.

Le pouvoir de Shiki lui même est intéressant, déjà de part son originalité mais aussi parce qu'il le force à s'interroger sur la fragilité de son univers et son rapport avec lui; ce rapport au monde et à l'autre étant finalement tout le sujet du manga. L'interrogation est d'autant plus pertinente que contrairement à d'autre pouvoirs qui peuvent amener à aider des gens, voire à sauver des vies, le don de Shiki est exclusivement destructeur. Pour toutes ces raisons je trouve la trame narrative concernant Shiki et le personnage lui-même parfaitement réussis.

La relation Shiki / Arcueid (la fameuse assassinée) est elle aussi plutôt bien rendue et intéressante puisqu'Arcueid est le principal déclencheur des accès de folie de Shiki. Elle est ce fameux autre auquel le jeune homme doit apprendre à se confronter sans le détruire. Leur relation apparaît également comme une métaphore des rapport hommes/femmes où le désir de possession n'est jamais très loin de la volonté destructrice, et où raison et pulsions sont en lutte permanente. La tension dramatique et sexuelle crée entre ces deux protagonnistes qui se font mutuellement autant de mal que de bien accroche d'ailleurs efficacement le lecteur.

J'ai bien envie de dire que l'on pourrait interpréter une bonne partie de Tsukihime comme un rite de passage de l'enfant à l'homme pour Shiki, mais arrêtons là l'analyse freudienne.

Un dessin charnel charnu, et une mise en scène qui claque.

Autre point fort de Tsukihime, le dessin. Bien que les visages soient très simples (voire à la limite du conventionnel) les dessins ont toujours l'air vivants grâce à une utilisation experte des courbes et des trames. La mise en scène comme le dessin est toujours claire, les atmosphères sont bien rendues. Tous deux accompagnent même très efficacement la psychologie du personnage principal. Mince silhouette au cheveux noirs vêtue de noire dans la nuit d'encre ou oiseau de mauvais augure lorsque le jour tout autour de lui se pare soudain d'une clarté aveuglante: Shiki n'est pas à sa place dans le monde du jour, et perdu dans le monde nocturne. Pour ce qui est du fan service, messieurs Tsukihime n'est pas en reste, il suffit de voir Arcueid pour s'en rendre compte.

Malheureusement...

Il y a tous le reste.

Déjà la relation Shiki / Arcueid, qui après avoir été titillante, mignonne puis émouvante, devient un peu lourdingue quand on sort trop les violons et les roses. D'autant plus qu'Arcueid en dehors de son rôle par rapport à Shiki n'a pas grand intérêt. C'est un vampire, mais sa nature n'est prétexte qu'à des réflexions sans profondeur. Son histoire elle même ne me semble pas particulièrement émouvante ou passionnante et ne fait que donner des explications dont on se serait passées, du style l'origine de Roa, et à justifier sa naïveté. Car oui, Arcueid a beau être un vampire et puissant qui plus est, c'est avant une blonde ingénue à gros seins. -_-" Cependant pour Arcueid on assiste tout de même à une évolution du personnage, et si elle n'en est pas la meilleure actrice, elle tient néanmoins un rôle crucial dans la tragédie qui se met en place au fil des pages.

Pour ce qui est des autres protagonistes en revanche, on ne se pose qu'une seule question... Mais à quoi servent-ils au juste ?

Akiha (la sœur de Shiki) QUI ME TAPE SUR LES NERFS, en plus d'être une tsundere mégagigahypra clichée avec un brother complex non moi cliché et fan service, n'a pour seul intérêt dans ce manga que d'être le dernier membre vivant de la famille de Shiki, et de fait de connaître le passé que lui a oublié. Je ne serais pas plus énervée que ça, si ce personnage n'était pas aussi présent dans le manga !!! Il y a un tome entier ou on ne parle quasiment que d'elle et il n'y a pas un seul tome où elle n'apparait pas pour faire sa « sœur protectrice mais qui ne veut pas le montrer parce que quand même elle vient d'une bonne famille ». Elle ne change pas du premier au dernier chapitre, et d'ailleurs son rôle a été tellement mal pensé que l'on pourrait la retirer purement et simplement du manga et faire revenir Shiki dans un manoir désert sans retirer la moindre tension dramatique.

Idem pour Ciel, dont je ne peux rien vous dire, mais que je trouve vraiment présente pour un personnage secondaire aussi cliché, creux, et inintéressant.

Sans parler des servantes d'Akiha qui, ô miracle, sont jumelles, maids et avec des cheveux roses (que les mauvaises langues qui murmurent au fond de la salle que ça ressemble à une description de personnages de hentai se dénoncent, que je puisse les payer pour les remercier de la remarque).

Quant aux amis d'enfance de Shiki ils sont tellement inutiles qu'ils finissent par disparaître de la série pour ne réapparaître qu'à la fin, histoire de dire que « non on ne les avait pas complètement oubliés ». Tant mieux d'ailleurs, parce que là aussi niveau cliché y'a du lourd, tout y passe: l'amie d'enfance, le meilleur ami gentils mais un peu lourd, et le fait qu'il sont tous deux inquiets pour le héros mais impuissants. Ca vous rappelle un truc ? Ouais, moi aussi, un festival même.

Une chance que l'histoire tourne quand même majoritairement autour du duo Shiki Arcueid et de leurs sombres mésaventures.

Conclusion:

Un bon manga au dessin et au scénario attrayant, mais dont la qualité a tendance à décliner au fil des tomes et qui est tout de même bourrés de personnages clichés. A lire donc si vous n'avez pas lu suffisamment de mangas pour être lassés de certains stéréotypes, ou si vous êtes capable d'en faire abstraction pour le bien de l'histoire qui en dehors de ça est vraiment prenante. Attention toute fois, je ne l'ai pas mentionné avant mais Tsukihime contient des scènes de violence, de sexe, voire les deux à la fois. Dans des proportions raisonnables, mais il vaut mieux le savoir.

Rédigé par Nocturne

Publié dans #mangas raisonnablement gores

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