L'île d'Hôzuki de Kei Sanbe

Publié le 5 Septembre 2012

L'île d'Hôzuki de Kei Sanbe

Liste des choses à ne pas faire lorsque l'on coince 4 adultes et 7 enfants sur une île.

Titre: L'île d'Hôzuki

Manga-ka: Kei sanbe

Date de publication au japon: 2008

Statut de la série: Terminée

Statut de ma lecture: Terminée

Editeur en France: Ki-oon

Nombre de tomes: 4

[Une page tous publiques au pif]

Kokoro, 10 ans, et sa petite sœur aveugle Yume ont été abandonnés par leur mère. Ils sont donc prit en charge par un établissement pour enfants situé sur une petite île de l'archipel nippon appelée L'île d'Hôzuki. Seulement ils apprennent très vite auprès de leurs petits camarade que l'île est loin d'être aussi tranquille qu'elle en a l'air, et qu'il se pourrait bien que les adultes ne cherchent pas véritablement à aider ces charmantes têtes blondes...

Commencé en ligne avant de découvrir avec joie qu'il avait été édité en France, voici le manga paranoïaque de ce blog.

Un huit clos à l'échelle d'une île:

En japonais, Hôzuki désigne une plante que l'on appelle en France la physalis (ou l'amour en cage), plante qui cache son fruit enfermé dans sa fleur translucide jusqu'à ce qu'il arrive à maturité. Dés le titre donc, on sait que l'on va avoir à faire à un huit clos où la paranoïa des personnages va grossir, grossir, grossir... Jusqu'à ce que... Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus.

La panique est d'autant plus facile à générer que l'histoire met en place un combat vieux comme le monde: Enfants contre adultes. Avec d'un côté des enfants traumatisés et de fait fragile psychologiquement qui n'ont plus confiance en personne, et de l'autre des adultes plus que louche. Le tout dans un contexte pas très réjouissant, l'un des enfants a en effet été emmené à l'hôpital hors de l'île pour de mystérieuses raisons avant que l'histoire commence et ne donne plus signe de vie depuis.

Il est vrai qu'au début on a du mal à ne pas se montrer critique et à accorder une confiance aveugle à des enfants que l'on nous présente tous comme des psychopathes en puissance, et qui pour ne rien arranger voient un fantôme. Mais assez vite, les indices confirmant leurs craintes se multiplient autour d'eux, et avant de s'en rendre compte, on est déjà en train de bondir dés qu'un adulte apparaît dans une page.

Du fan service utile, ça existe ?

Et bien oui.

Il est nécessaire d'en parler car si vous avez feuilleté ce manga, ou si vous avez simplement vu la couverture, un détail ne vous a sans doute pas échappé: OH SEIGNEUR DES FEMMES NUES !! D8 Ou alors pas tout à fait nues, mais avec des fesses et des seins ENORMES et des vêtements moulants. Et bien aussi incroyable que cela puisse paraître: Ce fan service évident n'est pas totalement gratuit. En effet un des aspect de l'île d'Hôzuki est aussi celui de la violence sexuelle, puisque sur cette île éloignée de tout, tel un loup parmi les brebis se trouve le professeur Kuwadate dont la présence renforce la paranoïa ambiante. Car Kuwadate est un pervers (et pas dans le sens du « pervers rigolo » d'anime débile qui se balade avec une culotte sur la tête et un tutu cygne gonflable) le genre violeur pédophile qui sait qu'il ne risque rien tant qu'il est dans l'établissement puisque « rien ne sort de l'île ». A partir de là on peut interpréter l'hyper sexualisation des deux femmes de l'île (enfin de la femme de l'île et de la plus âgée des enfants) comme sa vision de ses dernières. Ce qui est d'ailleurs très net puisque c'est lors de ses apparitions qu'ont lieu les cadrages les plus dérangeants dont je vous avait déjà parlé dans la critique de Goth: Gros plans sur des seins et des fesses notamment. Bon après, il y a aussi des moments de pur voyeurisme, n'oublions pas que Kei Sanbe a fait ses armes dans le ecchi et même dans le hentai. Cependant ceux-ci sont suffisamment bien disséminés pour que ça ne devienne pas carrément lourdingue, comme dans Highschool of the dead par exemple.

Un dessin efficace:

La mise en page de l'île d'Hôzuki en elle même n'a rien d'exceptionnelle: Le dessin en revanche est particulièrement efficace. Le design des personnage rappelle plutôt l'univers du shônen que du seinen de part son apparente simplicité, mais la vitalité du dessin le soucis du détail sur les décors font que cela n'altère en rien la maturité du manga, et lui donne même un dynamisme appréciable.

Un point noir ?

Comme souvent dans les mangas qui commencent trop bien, la fin n'est pas à la hauteur. Pour le coup pas parce que le dénouement est mal trouvé, contrairement à Doubt sur lequel je cracherai une autre fois, mais plutôt parce qu'il est mal raconté. Je ne vous en dit pas plus. Néanmoins la fin ne gâche en rien le plaisir de la lecture, de fait ne vous laissez par rebuter . Vous serez peut-être un peu déçu mais pas dégoûté au point de vouloir procéder à un autodafé (alors que vous pouvez commencer à mettre le feu à tous les Doubt que vous voyez si vous ne les avez pas encore lu).

Conclusion:

Un bon manga paranoïaque d'horreur, d'enquête et de survie suffisamment court et au scénario suffisamment bien écrit pour vous tenir en haleine jusqu'aux bout. Et pour une fois le fan service ne vient pas tout gâcher.

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