Kobato de Clamp

Publié le 19 Octobre 2012

Kobato de Clamp

C'est pas parce que c'est mignon que c'est débile !

Titre: Kôbato

Manga-ka: Le studio Clamp, soit Mokona, Tsubaki Nekoi, Satsuki Igarashi, Nanase Ôkawa.

Date de publication au japon: 2004

Statut de la série: Terminée

Statut de ma lecture: Terminée

Nombre de tomes: 6

Editeur en France: Pika

Ce manga raconte l'histoire de Kobato, une jeune fille au passé mystérieux qui, accompagnée de Ioryogi, un chien en peluche qui parle et crache du feu, doit remplir une bouteille de « sentiments blessés » en aidant les gens qu'elle rencontre. Le but de la jeune fille étant, par ce biais, d'exaucer son vœu qui est d' « aller quelque part ».

Kobato faisant partie des dernières productions des Clamp (la série s'est achevée en 2011) l'on avait quelques craintes quant à la qualité de leur travail, particulièrement après l'immense déception qu'avait été Tsubasa. Pourtant les Clamp n'ont pas fini de nous surprendre, en voici la preuve.

Du niais, du niais, du niais... A moins que...

Pour ma part, la couverture de Kobato seule m'avait laissé croire qu'il ne s'agissait pas d'une lecture correspondant à mes goûts, ce dont le résumé m'avait convaincu. Je n'aurais d'ailleurs probablement jamais ouvert ce manga si une âme généreuse n'avait pas accepté de me le prêter.

C'eut été une grande erreur.

Il est vrai que lorsque l'on ne connait pas les Clamp, et même lorsqu'on les connait d'ailleurs, cette étalage de fleurs, de peluches et de cheveux roses volant au vent à de quoi faire vomir des arc-en-ciel rebuter. La simple présence d'un personnages à cheveux roses (et que ceux qui disent que Kobato n'a pas les cheveux roses cessent de vivre dans le déni) a de quoi faire prendre la fuite à n'importe quel lecteur cultivé. Et il est vrai que tout au long du manga on échappe pas à l'implacable niaiserie du personnage principal tout à la fois kawai, naïf, plein de bons sentiments et maladroit. Pas plus que l'on échappe au design d'une kawaitude absolue, ou encore aux blagues « trop adorables » pas spécialement drôles.

Mais il semblerait que vous ayez oublié quelque chose:

On parle d'un manga des Clamp.

Les manga-ka qui ont réussis à rendre un magical girl glauque. Et là je fais référence à Magic Knight Rayeheart, mais j'ai pas non plus un souvenir très positif des derniers épisodes de Sakura Card Captor.

Ce que je veux dire par là, c'est que passé le côté « tropmignonadorable » des premiers chapitres ou Kobato apprend à se débrouiller toute seule au quotidien, se met en place une intrigue, des personnages et un univers général assez sombre. Je ne vous en dévoile rien, mais disons que comme à leur habitude lorsque les Clamp abordent des sujets non-fantastiques, ils s'agit d'histoires de vies tragiques et dans le même temps affreusement communes. A la fois très proches et très loin des ressorts dramatiques habituels du shôjo, le groupe de manga-ka parvient à trouver un équilibre subtile et élégant qui rend la lecture agréable et prenante. Si bien qu'au final, la niaiserie de Kobato et le graphisme mignon de certains personnages finit par devenir appréciable, voire réellement émouvant au vu du reste de l'intrigue. De plus si l'héroïne n'est pas très maline et niaise, elle apprend vite, si bien qu'elle devient de moins en moins énervante et de plus en plus touchante.

A cela s'ajoute l'intrigue parallèle qui explique comment on en est arrivé là, c'est à dire qui sont les deux personnages principaux et d'où sortent-ils, sur laquelle Wagner aurait sans doute écrit un opéra tellement c'est à la fois épique et tragique, le tout dans la plus pure tradition Clampesque.

THE CLAMPVERSE !

Autre point positif tout en étant à la fois pénible émotionnellement, Kobato fait partie du Clampverse, l'univers que les manga-ka ont commencées à mettre en place dans X et qu'elles n'ont pas quittées depuis. On retrouve donc dans Kobato des personnages d'autres séries qui font des apparitions plus ou moins importantes. Dans Tsubasa ce n'était pas particulièrement dramatique, la plupart des personnages n'étant pas les personnages originaires des mondes où se situaient leurs mangas, ils n'avaient généralement des protagonistes d'origines que l'apparences et ne nous renseignaient donc pas sur « ce qui s'était passé après » dans leurs manga. Or dans Kobato ces «cross-over » deviennent un ressort scénaristique permettant de situer cet univers dans le Clampverse tout en nous racontant la suite d'histoires que les Clamp n'avaient pas développées. Je m'explique: Dans Tsubasa on voit deux Tomoyo, cependant aucune des deux n'est la Tomoyo du manga Sakura Cardcaptor. Tandis que dans Kobato il y a la vraie Ambre du manga Wish qui nous parle de ce qui s'est passé après la fin du manga... D'ailleurs si votre cœur ne s'est pas serré dans votre poitrine quand vous avez lu ce qu'elle raconte: Vous n'en avez pas.

Ainsi le groupe de manga-ka parvient à rendre bien plus intéressant ce qui commençait à nous apparaître comme une private joke un peu trop longue. Ce qui ne les empêche pas de continuer à nous déprimer à mort, mais aussi de nous faire sourire avec des références incompréhensibles pour les néophytes. Parce que bon, peut-être que je spécule vu qu'on ne le voit jamais, mais aux vues de ce qui se passe dans ce manga, j'ai de fortes raisons de croire que le Créateur dans Kobato est le même que celui de Magic Knight Rayeheart, et pour ceux qui voient de quoi je veux parler ça rend le manga férocement drôle.

Un graphisme 100% pur Clamp

Le graphisme de ce manga est tout à fait dans le genre de leurs dernières séries avec un trait un peu plus délicat que dans Tsubasa. On est donc à des années lumières du trait hyper dynamique et pointu de leurs mangas des années 90 ainsi que du design des personnages aujourd'hui très daté. Kobato est donc tout en délicatesse. Les trames sont utilisées intelligemment pour créer une atmosphère lumineuse en conservant de nombreux espaces vides tout au long du manga sans les rendre inquiétants comme c'était le cas dans Clover. Ainsi les moments où cette douceur se brise au profit d'un tracé plus appuyés et de trames plus sombres sont d'autant plus intenses. Les expressions des personnages sont fortes aussi dans leur retenue qui, couplées à un travail de trame, restitue minutieusement la puissance des débats intérieurs des différents protagonistes, allant totalement à l'encontre de leur apparence légère. Ces derniers eux même sont pensés et travaillés avec beaucoup de soin (qui n'a pas bavé devant les tenues des personnages des Clamp ?) quant la fameuse capacité du quatuor de manga-ka à afficher des sourires angéliques sur leurs personnages les plus abominables, elle est toujours aussi efficace.

Autre point positif de la mise en scène, le déluge capillaire de Kobato présente ici un véritable intérêt puisqu'il permet de la garder dans un perpétuel mouvement aérien accentué par ses tenues (souvent de longues robes légères) et de la séparer du reste du monde, mettant, là encore, en valeur son innocence et sa méconnaissance de celui-ci. Ce stratagème permet aussi d'évoquer des tas d'autres choses dont je ne peux pas vous parler sous peine de vous spoiler. En tout cas l'effet de style n'est pas totalement gratuit et fonctionne vraiment, tout comme la mise en scène qui sait passer de stratosphérique à plus réaliste quand il le faut.

Conclusion:

Un shôjo de qualité, et pour que je dise ça croyez moi il est VRAIMENT de qualité, qui sait être mignon tout en étant sérieux; lumineux tout en sachant quand il faut être grave. Le tout en étant efficace dans le développement de son intrigue et de ses personnages (Kobato ne fait que 6 tomes). Une bonne lecture donc, bien qu'elle n'en ait pas l'air, et fait incroyable sur ce blog: Pour tout le monde !

Stratosphérique vous dis-je.

Stratosphérique vous dis-je.

Rédigé par Nocturne

Publié dans #shoujo, #mangas tous publiques

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