Hellsing de Kohta Hirano

Publié le 20 Août 2012

Hellsing de Kohta Hirano

Ou comment faire un chef d'oeuvre avec des vampires, des bimbos et des nazis.

Titre: Hellsing

Manga-ka: Kohta Hirano

Date de publication au japon: 1997

Statue de la série: Terminée

Statue de ma lecture: Terminée

Editeur en France: Tonkam

Nombre de tomes: 10

Niveau d'appréciation: Preuve du génie humain.

[Une page au pif pour que vous voyiez le graphisme]

L'organisation anglicane Hellsing, dirigée d'une main de fer par Integra Hellsing dernière descendante du célèbre Van Helsing, est chargée de maintenir la paix dans la belle nation d'Angleterre en la protégeant des goules et autres vampires. Pour cela elle dispose d'armes redoutables: Alucard, vampire le plus puissant de la création qui obéit aveuglément à Integra, et plus récemment une jeune fille vampirisée par ce dernier, j'ai nommé Victoria Seras. Alors qu'il faut déjà à Hellsing composer avec les fanatiques catholiques de la section Iscariote, qui comptent bien aider le vatican à retrouver son hégémonie passée; l'organisation découvre que derrière les attaques de goules de plus en plus fréquentes se cache une organisation en lien étroit avec le 3ème reich...

Au prime abord, Hellsing ne donne pas vraiment envie:

Un vampire comme personnage principal à l'heure où en mettre un dans une histoire est aussi ringard que de porter la mulette; un premier tome au dessin carrément brouillon; un personnage principal (Alucard) dont on sent le design vampirisé sur celui de Vash de Stampede (l'auteur lui-même l'assume pleinement); des nazis; et enfin un ancien manga-ka de hentai pour auteur, ce qui laisse augurer un festival de gros nibards et de petites culottes...

Pourtant, on aurait bien tort de ne pas s'attarder sur ce que je considère, et de loin, comme un des meilleurs mangas que j'ai jamais lu.

Des personnages d'une classe infinie:

Le point fort d'Hellsing, c'est définitivement la qualité de ses personnages. Que ce soit les prétendus « méchants » ou les prétendus « gentils » tous respirent la classe (ouais ouais, même les petits gros), et sont surtout finement travaillés. Si dans les premiers tomes ont a l'impression d'être face à des protagonistes caricaturaux (Integra la dominatrice, Seras la gentille petite fille, Alucard le mâle dominant) au fur et à mesure que l'histoire avance, le manga-ka en montre subtilement les divers facettes, et nous en raconte le passé sans pour autant virer dans le flash-back lourdingue de quatre chapitres . Le meilleur exemple à ce sujet étant Alucard dont on ne fait en fait que deviner une partie de l'histoire, tandis que d'autre moments nous sont racontés en détails (mention spéciale pour l'explication que Kohta Hirano trouve au goût du comte pour l'empalement). Les liens entre les personnages ne virent eux aussi jamais à la caricature ou la facilité, jamais de romances attendues (ou alors je suis pas très perspicace), d'amitiés à la limite du ridicules, ou de bon sentiments mal placés.

D'ailleurs, puisque j'ai mentionné le fait que monsieur Hirano avait fait du hentai, parlons des femmes dans Hellsing. Car ce n'est pas parce que les filles d'Hellsing sont gaulées comme des déesses (sérieusement, vous avez déjà vu quelqu'un avec la poitrine de Victoria vous ?) qu'elles sont creuses et stupides pour autant. Au contraire, les femmes d'Hellsing sont fortes mentalement, physiquement, et présentes dans les deux camps et tout au long du manga. Ce ne sont pas de simples objets déco qui servent tout juste de soutien psychologique au héros comme souvent dans les mangas shônen/seinen... Et ça, la vache, ça fait plaisir ! Le personnage d'Integra Hellsing est sur ce plan particulièrement intéressant, puisqu'elle est l'image de la « femme dans un milieu d'hommes » qui est en lutte permanente avec ses paires et même ses subordonnés pour assoir un pouvoir qui semble du aux autres « dirigeants » du manga. Quant au fan service, il est réparti avec soin, puisque ses messieurs pourrons baver à loisir devant la plastique de Victoria, tandis que nous mesdames baverons avec joie devant Alucard (non mais sérieusement, dés qu'il arrive dans une page c'est magique !).

Un scénario loin d'être aussi simple qu'il en a l'air:

Que ce soit bien clair, Hellsing est un manga violent. Genre HYPER violent. Il n'y a pas un tome qui n'ait pas son lot de carnages spectaculaires, et ce qu'il décrit n'est ni plus ni moins qu'une guerre.

Néanmoins, à travers son manga l'auteur aborde des sujets quasi philosophiques très intéressants, et notamment sur la nature de l'être humain. Si toute l'histoire ne devait être résumée qu'à une interrogation ce serait « Qu'est-ce qu'un Homme, et à quel moment cesse-t-on d'en être un ? » (bon ok, ça fait deux questions, mais voilà). Là le vampire est traité pour ce qu'il est: Un monstre. Un monstre érotique, envié, certes, mais un monstre quand même. Or à une époque où dans la pop culture ce mot ne veut plus dire grand chose, revenir aux sources est appréciable.

Autre chose rare, dans ce manga les « méchants » ne se contentent pas d'être de vilains pas beau sans principes qu'il faut éliminer rapidement pour améliorer le sort de l'humanité. De même ne tombent-ils pas dans l'écueil inverse du méchant malgré lui, qui a de bonnes intentions et des idéaux sains, mais s'est seulement trompé de chemin (Comme dans Bleach ou Naruto). Pourtant si leurs idées sont indéfendables, les méchants n'en sont pas moins touchants pour autant, particulièrement à partir du tome 6, ou chaque personnage ou presque à droit à son moment de pure grâce.

Agréable aussi de constater que contrairement à Bleach, One Piece, ou Saint Seya, on évite les gros poncifs propre au shônen/seinen lors des combats. Par exemple, si chaque personnage à ses méthodes de combats, pas de réflexions interminables sur les différentes attaques et sur la façon dont tel ou tel personnage réussis à apprendre telle ou telle technique. Clairement, ce n'est pas le propos. D'ailleurs, les personnages parlent rarement quand ils se battent, et personne ne commente leurs batailles (ce qui est très appréciable).

Même si en voyant cette description Hellsing apparaît comme un manga grave et sérieux: L'humour n'est pas en reste, d'où certaines situations en décalage total avec le reste de l'histoire et des répliques excellentes. Je vous en écrirais bien deux trois, mais je ne veux spoiler personne. Les omake de fin de tomes (et les couvertures sous le protège livre) sont d'ailleurs bien drôles, quoique complètement barrées et parfois difficile à suivre vu que Khota Hirano est un gros otaku qui aime le faire savoir. L'histoire revêt d'ailleurs une certaine légèreté du fait que les personnages sont eux même plus ou moins conscients que malgré le sang et les larmes leur existence même n'est jamais, au final, qu'une farce.

C'est beau la vache !

Si le graphisme du premier tome est assez déroutant: Dessin brouillon, proportions hasardeuses... Dés le tome 2 on sent une amélioration qui débouche à partir du tome 3 sur un style unique féroce, charnel, et particulièrement bien maîtrisé. Les combats sont superbes et dantesques, et si l'on a parfois un peu de mal à suivre le déluge de traits qu'engendre certaines scènes, il suffit de se concentrer un peu pour découvrir un travail minutieux.

Un peu de respect.

Bien que Khota Hirano fasse d'énormes fautes d'anglais tout au long du manga (le titre en est d'ailleurs la preuve, puisque Van Helsing prend un « l » et « l'enfer chante » s'écrit Hell sings... Ou alors c'est un mauvais jeu de mot raté), en dehors de ça, il respecte à la fois tout ce qui a été fait sur les vampires, et à la fois les pays qu'il prend comme cadre de son histoire. Même si on rigole bien en lisant les noms de certains personnages...

Contrairement à d'autre il ne 'affranchit pas volontiers des règles les plus contraignantes du vampire, le fait qu'il ne puisse transformer que des personnes vierges du sexe opposé notamment, voire parvient à en faire des ressorts scénaristiques tout à fait intéressants.

En conclusion:

Hellsing est vraiment un manga de qualité avec un scénario, des personnages, et un dessin très intéressant qui mérite d'être lu et relu avec attention. En effet, beaucoup de petits détails qui nous échappent à la première lecture approfondissent encore les personnages. Il semblerait pourtant que le premier à ne pas s'être rendu compte de la qualité de son travail soit Kohta Hirano lui même, puisqu'il conclut la série en disant qu'il s'est un peu lâché en carnage et fille à gros seins et que c'est un pervers qui devrait être publiée dans une revue porno. Pour ma part, je dis que si ce manga est fan service... Bah du fan service comme ça, surtout, faut pas se gêner pour en faire !

Rédigé par Nocturne

Publié dans #mangas gores

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Sheena 16/07/2014 19:23

J'avais vaguement entendu parler de ce manga je ne sais plus trop où ( c'est dire si c'est vague ) comme quoi il était très bien... Manque de motivation, je ne l'avais pas lu ^^
Et avec ta critique très positive je m'étais décidée à franchir le pas... Et bien MER-CI de m'avoir fait découvrir Hellsing, merci, merciiiiii beaucoooouuuuup
Il est rentré très rapidement parmi mes mangas préférés ^^ ( et pourtant j'ai pas vraiiiment tendance à aimer tout les mangas que je lis )

Sheena 05/08/2014 23:39

J'irai voir mais pour l'instant je m’attelle à la longue ( mais ô combien réjouissante ) tâche d'essayer tous les mangas classés dans les "Très bons"
J'hésite à tous les commenter pour l'instant, parce qu'ils sont tous - pour ceux que j'ai pu lire - très bien
Je risque de suivre ton blog pendant un bon bout de temps et de m'immiscer partout ^^

Nocturne 16/07/2014 23:54

Je suis ravie que mon prosélytisme acharné ai porté ses fruits. XD
Et surtout contente que ça t'ai plu. ^^
Si la patte du manga-ka t'a plu, sache qu'Hirano a commencé un nouveau manga intitulé "Drifters" qui est aussi très bien (pour le moment, pourvu que ça continue).

Orni 12/09/2012 19:45

Pour le titre, monsieur Hirano l'a peut-être écrit au subjonctif présent, ce qui donne comme traduction "Que l'enfer chante" et là y a plus de faute ^^

Nocturne 12/09/2012 19:56

Ah oui, d'un coup ça a beaucoup plus de sens ! D8