Hell's kitchen de Nishimura Misturu et Amashi Gumi

Publié le 2 Mai 2013

Hell's kitchen de Nishimura Misturu et Amashi Gumi

Plaisir coupable.

Titre: Hell's kitchen

Manga-ka: Nishimura Misturu (scénario) et Amashi Gumi (dessin)

Date de publication au japon: 2008

Statut de la série: En cours

Statut de ma lecture: En cours

Nombre de tomes à paraître en France: 2 (le 04 juillet 2013)

Editeur: Kana

Satoru est un adolescent ordinaire, sans rêve et sans passion, qui voit sortir un beau jour de sa poubelle... Un démon, tout droit venu des enfers et répondant au nom de Dogma. Connu pour son palais délicat, le démon se lasse des âmes infects de tous les chefs cuisiniers du monde et compte donc se concocter une âme à son goût. Comment ? Et bien en faisant de Satoru le plus grand cuisinier du monde avant de dévorer son âme pardi ! Mais le chemin vers la maîtrise de l'art culinaire est plus ardu qu'il n'y paraît...

On m'a récemment fait remarquer que je critiquais pas mal de manga qui n'étaient pas sortis en France et ne sortiraient peut-être jamais... C'est vrai. Du coup pour me rattraper voici la critique d'un manga dont il faut bien avouer que j'ai un peu honte, mais qui a pour avantage de commencer sa parution en France le 04 juillet.

Appelons un chat un chat.

Bon soyons honnête, il s'agit là d'un shônen des plus basiques. Le duo adolescent/démon sadique devant déjà vous rappeler quelques autres manga (Neuro le mange mystère en tête). Le cliché ne s'arrête d'ailleurs pas là...

Vous êtes prêts pour une liste des clichés de shônen auxquels vous n'échapperez pas ici ? Attention ? C'est parti.

Le héros est un adolescent sans aucunes personnalité déterminée pour que le jeune lecteur puisse se glisser dans sa peau à loisir. ✓

Les personnages féminins sont automatiquement sexy et amoureux (à divers degrés) du héros. ✓

Les personnages secondaires deviennent tous des amis/alliés du héros quelque soit leur niveau d'antagonisme lors de leur rencontre.✓

Le héros compte parmi ses amis: Une jolie fille, un ténébreux, et un crétin des alpes.✓

Tout ce qui ressemblait à un brin de tension au début du manga est éludé ou tourné en ridicule le plus tôt possible dans l'histoire.✓

Bingo ! Vous pouvez aller chercher votre lot à la sortie.

La cuisine, toute la cuisine, et rien que la cuisine.

Plaisanterie mise à part, vous l'aurez compris dés le résumé, on est là pour parler cuisine.

On connaissait déjà la fantastique capacité des auteurs de shônen nippon à faire des manga à partir de tout, voire d'un peu n'importe quoi. Aussi après un manga devenu culte sur le Go (Hikaru no Go), un manga qui a cartonné sur le métier de boulanger (Yakitatte Japan) et la récente sortie, apparemment couronnée de succès, d'un manga sur les termes romaines et les bains publiques nippon (Therma Romae)... On est plus à un manga sur un sujet complètement hallucinant près.

Le vrai problème étant que Hell's kitchen, alors qu'il introduit tout de même un démon dans son histoire et un élément scénaristique (la mort à retardement du héros) fort... En revient toujours à la cuisine. Vous me direz que c'est assez normal, mais comprenez bien: Tout le traitement des personnages et de l'histoire passe par là. Une tension entre deux personnages: Un duel en cuisine. Un personnage à perdu sa motivation: Il suffit de l'aider à cuisiner. Vous êtes à deux doigts de vous faire tuer ? Proposer plutôt un duel de cuisine à la personne qui veut vous tuer.

Vous imaginez si ça se passait comme ça dans la vraie vie ?

Un problème de couple ? Cuisinez.

Un événement tragique dans votre vie ? Cuisinez.

Une menace de guerre nucléaire ? MAIS CUISINEZ VOUS DIS-JE !!!

Alors certes vous me direz que c'est un ressort commun à pas mal de shônen de ce genre. Mais justement, c'est là tout le problème. Non seulement ce manga ne sort pas vraiment du lot par rapport à ses confrères, mais en plus il nous donne le vague espoir que c'est le cas. (Un peu comme avec Ansatsu Kyoushitsu...).

Du coup, me direz vous, MAIS POURQUOI DIABLE la snob puriste que je suis lit-elle un truc pareil.

Bah...

Parce que c'est terriblement drôle.

It's OVER 9000 !!!!

Pas drôle involontairement, entendons nous bien. Il s'agit d'un manga se voulant drôle et qui l'est sans problème. Pourquoi ? Parce qu'il est en permanence à 2200% . Ceux qui le connaissent ont peut-être déjà vu cette vidéo du Joueur du Grenier dans laquelle il fait mention d'un manga intitulé Mister Ajiko (Le Petit chef en VF) qui est à des kilomètres au dessus de toute vraisemblance, toute mesure et toute once de normalité dans les actions qu'il décrit. Au point que l'on a, entre ce qui se passe réellement et l'angle épique sous lequel ça nous est présenté, un décalage complet et absurde.

Hell's Kitchen est de cette trempe là.

Bien entendu, la présence de l'élément fantastique qu'est Dogma tirait immédiatement ce manga vers l'excès: Et le moins qu'on puisse dire du personnage de Dogma est qu'il est... Excessif. Mais même lors des scènes les plus, à priori, normales ou banales du manga, même lorsqu'aucun élément fantastique n'est impliqué, la mise en scène est toujours démesurément épique. Quand un personnage découpe des légumes: c'est un contre-plongé, à la vitesse, du son et avec des lignes de forces partout. Quand un plat est délicieux, c'est l'univers entier des personnages qui s'illumine, leurs yeux brillent et des arc-en-ciel sortent de leur bouches (je suis sérieuse). Et enfin, lorsque Dogma dit à un personnage que ce qu'il a préparé est mauvais (et pourtant aucune magie n'est impliquée là-dedans) c'est comme si le concerné se prenait une rafale de coup, ou alors il vieillit prématurément (??!!!).

L'aspect systématiquement épique ne se limite évidemment pas à la mise en scène. Les protagonistes, tous les protagonistes, sont du même genre. Si l'on se penche 5 minutes sur comment ces derniers sont travaillés, Satoru est peut-être le seul être humain normal de tout le manga. Tous les autres sont dotés de capacités physiques ou mentales à la limites du surnaturel qu'ils dévouent entièrement à la cuisine. Sérieusement c'est exactement comme si on avait réunit tout le cast de Naruto pour préparer de bons petits plats ! Et je ne parlerai même pas du lieu de l'action, au moins digne du collège Mahora dans Negima, tant son design est complètement over the top et sa localisation improbable par rapport à sa taille. Je ne vous en dit pas plus.

Le plus drôle étant que les personnages, lorsqu'ils en ont quelque chose à faire, ne trouvent pas non plus cette situation tout à fait normale. Ce qui est assez hilarant.

Un dessin... Bah... Heu... Un dessin.

Je ne consacrerai pas beaucoup de temps au dessin qui n'a pas grand chose de réellement innovant. Pour autant il est vraiment de bonne qualité. Amashi Gumi parvient à très bien rendre l'action tout en gardant un style de dessin souple et délicat. Le character design fonctionne parfaitement. La mise en scène est efficace, les plats dessinés ont toujours l'air délicieux et tout ce que peux créer Dogma pour martyriser Satoru est toujours très bien rendu.

Rien à redire.

Conclusion:

Un shônen sur un sujet improbable comme il en existe des centaines, et à la narration qui n'a rien de spécialement novateur. Mais tellement too much qu'il est finalement assez drôle, et addictif. Donc je ne peux pas vous le recommander en mon âme et conscience, mais franchement: J'ai passé un bon moment en le lisant.

Dogma dans toute sa splendeur...

Dogma dans toute sa splendeur...

Rédigé par Nocturne

Publié dans #mangas tous publiques, #manga humoristiques

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Benny 19/11/2013 07:10

A very nice read. Thanks!