Doubt de Yoshiki Tonogai

Publié le 11 Septembre 2012

Doubt de Yoshiki Tonogai

Mauvais mindfuck.

Titre: Doubt

Manga-ka: Yoshiki Tonogai

Date de publication au japon: 2007

Statut de la série: Terminée

Statut de ma lecture: Terminée

Editeur en France: Ki-oon

Nombre de tomes: 4

[Une page pas au pif avec un lapin]

Tout commence avec un jeu en ligne appelé Rabbit Doubt, jeu de rôle où un groupe de gentils lapins sont aux prises avec un loup, déguisé en l'un des leurs, qui tue un membre de leur fratrie chaque nuit. Pour se défendre, ils pendent chaque matin le lapin qu'ils soupçonnent d'être le loup... En priant pour que ce soit le bon. Un groupe de joueurs décide de se rencontrer IRL, mais la rencontre ne se passe pas tout à fait comme prévu, et après avoir été tous assommés, ils se retrouvent dans un lieu étrange et clos à se faire tuer les uns après les autres... Exactement comme dans une vraie partie de Rabbit Doubt

Alors je vous averti tout de suite, ce manga est la définition de la cruauté et de la perversion scénaristique, typiquement le genre de manga que j'interdirais si j'étais un dictateur. Pas parce que l'intrigue est violente, pas parce que c'est nul, mais parce que ça te donne vraiment beaucoup d'espoir, que ça fait fonctionner l'imagination à deux cents à l'heure, que c'est hyper prometteur et tout ça... POUR CA ?! D8<

Pourtant Doubt a tout pour plaire.

Déjà c'est un huit clos, le simple fait d'enfermer 6 personnes dans un endroit suffit à faire monter la tension d'un cran et à accrocher le lecteur, d'autant plus que le lieu de leur séquestration est grand, rempli de recoin et de pièces vides et qui ne sont pas toutes accessibles. Pour accentuer encore la tension dramatique, dés le départ sans même connaître le scénario les personnages laissent tous une impression tenace de malaise. Ils sont tous sympathiques et souriants, mais à la plus minuscule contrariété ils laissent apparaître des expressions et des attitudes glaçantes. Si bien que l'on a beaucoup de mal à évaluer au premier coup d'oeil qui pourrait (ou plutôt devrais-je dire qui ne pourrait pas) être « le loup ». Or c'est bien sur ce doute perpétuel que le manga-ka va jouer jusqu'au bout, multipliant les fausses pistes et nous faisant soupçonner tour à tour chacun des personnages avec une grande efficacité. Je me rappelle avec joie et nostalgie les réunions entre lecteurs de Doubt où nous débattions des heures durant sur l'identité de l'assassin, ou encore de l'excitation qui précédait la sortie d'un nouveau tome. De plus l'utilisation d'un jeu de base qui ressemble beaucoup au célèbre jeu de carte « Les loups-garous de Tiercelieu » Yoshiki Tonogai crée un véritable pont avec notre quotidien et laisse augurer un carnage en règle. Quant au dessin ma fois c'est tout à fait correct, rien de bien exceptionnel, mais la mise en page est efficace et l'atmosphère de plus en plus suffocante est bien rendue. De plus l'imagerie crée dans ce manga autour des fameux lapins de Rabbit Doubt, qui apparaît en couverture, est à la fois très attirante et parfaitement glauque.

Et là, c'est le drame.

Bon, soyons honnête la seule raison pour laquelle ce manga n'a pas droit à une petite tête « Oh god why ? » c'est parce que précisément ça commence super bien. A vrai dire ça commence BEAUCOUP TROP bien. A force de nous balader de la sorte d'une possibilité à l'autre, on finit par s'imaginer que le manga-ka a un plan, une sorte d'idée de génie qu'il nous cache depuis le début quant à l'identité de l'assassin... Et on attend que ça: Que notre cerveau se retourne dans nos têtes, qu'on relise frénétiquement le manga pour trouver les indices épars et minuscules disséminés au fil des pages, que l'on se frappe la tête contre un mur de consternation parce que l'on a pas réussis à percer le mystère nous même. Malheureusement rien de tout ça ne se produit. Non, car le manga-ka réussit ici un véritable exploit dans la nullité: Terminer son manga d'une façon simultanément prévisible et capillotractée en utilisant précisément l'hypothèse à laquelle tous les lecteurs ont pensés mais qu'ils ont volontairement écartés ce disant que « non vraiment c'était trop nul ». D'ailleurs quand on voit le dernier tome on en vient limite à se demander si le manga-ka savait parfaitement où il allait, où s'il n'a pas dénoué son intrigue sur le tard... C'est d'autant plus énervant qu'au moment de sa sortie ce manga avait bénéficié d'une grosse couverture médiatique (affiches 4 par 3 dans le métro, spots publicitaires à la télé, pubs sur internet) dans la veine des autres mangas phare de Ki-oon, et qu'il s'agit tout de même de la boîte d'édition a qui l'on doit l'Ile d'Hôzuki. On pouvait donc réellement s'attendre à mieux.

D'autant plus qu'il y avait une manière bien plus simple pour Yoshiki Tonogai de s'en sortir, une manière qui aurait donnée de la profondeur aux personnages, expliquée certaines incohérences et conclut correctement le manga (oui parce qu'il faut quand même admettre qu'un aussi bon travail ne pouvait pas bien se finir, l'intrigue jouant trop sur le suspens). Et puis de toute façon tout eut été meilleurs que l'espèce de bloubiboulga infâme qui nous est servit dans les derniers chapitres qui vire limite au ridicule à la toute fin du manga et qui est une totale incohérence avec l'univers dans lequel on nous a plongé tout au long de la lecture. Vous vous demandez pourquoi cette fin est si nulle ? Et bien si vous me le demandez en commentaire, je veux bien vous raconter la fin, histoire de vous éviter une amère déception.

Conclusion:

Vous aimez la vie, les mangas, et les scénarios ? Ne lisez pas Doubt, et si vous êtes suffisamment naïfs pour croire que Judge, du même manga-ka, sera mieux... Bah vous êtes bien naïfs.

Rédigé par Nocturne

Publié dans #mangas psychologiques, #mangas gores

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