Sora Log de Kaco Mitsuki

Publié le 14 Janvier 2014

Sora Log de Kaco Mitsuki

Si toi aussi tu pleures d'émotion en regardant le ciel.

Titre: Sora Log

Manga-ka: Kaco Mitsuki

Date de publication au japon: 2009

Statut de la série: Terminée

Statut de ma lecture: Terminée

Nombre de tomes parus: 4

Editeur: Soleil

Hikaru est une jeune fille pleine d'entrain qui aime tout, tout le monde, et particulièrement le ciel. Elle est d'ailleurs membre du club d'astronomie de son lycée. Une nuit, alors qu'elle part rejoindre les membres du club pour aller voir les étoiles, elle arrive un peu avance sur le lieu de rendez-vous et tombe, littéralement, sur Asô, un jeune homme mystérieux, qui était, semble-t-il, lui aussi là pour regarder le ciel. Intriguée, Hikaru tente d'en apprendre plus sur lui...

Bon, déjà que d'habitude mes critiques sont franchement partiales, mais alors là celle-ci va l'être encore plus parce que, pour la première fois de ma vie... Je me suis identifié à une héroïne de shôjo. Bah ouais, désolé, moi aussi quand je vois un beau ciel étoilé je pleure d'émotion et je peux regarder le ciel avec émerveillement un long moment. Ca n'arrive pas qu'aux autres. En plus, pour ne rien arranger, le bishônen du manga, à savoir Asô, ressemble un peu à La Cigale... Et là ça y'est vous m'avez perdu. Je vais donc me répandre en louanges sur Sora Log, vous êtes prévenus.

Mais c'est quoi cette intrigue de merde ?

Pourtant, Sora Log n'est pas un manga parfait, loin s'en faut. Les personnages sont les même que dans une grande majorité de shôjo niais et inintéressants: Une héroïne adorable et fragile, un beau gosse ténébreux qui la fascine sans même avoir dit un mot, un grand-frère VRAIMENT trop protecteur qui doit sans doute avoir un sister complex, et des figures parentales de ci delà qui vont faire obstruction au couple en formation...

C'est insupportable d'ailleurs de voir comment les personnages sont en permanence déformés pour correspondre à des archétypes totalement clichés et ridicules: Que ce soit l'héroïne qui est fragilisée en permanence par l'intrigue pour compenser son autonomie en temps que personnage ou les hommes qui sont tous ultra-protecteurs au point que ça en devient involontairement comique. Le scénario en lui-même n'est d'ailleurs pas si passionnant puisque l'intrigue principale (qui, entendons nous bien, passe totalement au second plan par rapport à la relation Hikaru/Asô) après avoir été amenée avec force tragédie et suspens, se termine sur une disproportion ridicule entre ce qui s'est produit et la gravité avec laquelle ça nous est présenté (ainsi que sur des gigatonnes de guimauve...).

J'en profite aussi pour dire un mot sur le dessin qui ne nuit pas au manga sans participer pour autant à sa qualité (de mon point de vu): C'est très beau, la mise en scène est efficace, le design des personnages est parfait (vous avouerez qu'Asô est pas vilain) mais ça n'apporte rien « en plus » par rapport à l'histoire.

Super Hikaru à la rescousse !

Mais heureusement, il y a le personnage d'Hikaru. Et déjà, je trouve que ça seule présence sauve TOUT.

D'une part parce que comme son nom, qui veut dire lumière en japonais, l'indique, Hikaru est un personnage ultra lumineux. Toujours de bonne humeur, super ouvert qui aime tout et tout le monde tout le temps. Ca pourrait être absolument insupportable et donner un personnage niais, et fatigant mais grâce au talent de la manga-ka: Pas du tout. Comme ce n'est pas traité de manière pesante ou avec un humour exagéré et mal dégrossi, la vitalité de l'héroïne nous touche sans nous épuiser.

Et puis je trouve que l'amour démesuré d'Hikaru pour tout et tout le monde change un peu des héroïnes de shôjo habituelles qui « découvrent l'amour » avec forces effets de trames débiles. Ici l'héroïne comprend très vite ce qu'elle ressent, et ce n'est pas une source de tourments indicibles, ce n'est pas non plus mis sur un piédestal comme « le seul sentiment unique et parfait ». Hikaru continue d'aimer tout le monde d'une manière tout autant casual, et l'amour qu'elle ressent la rend heureuse sans pour autant prendre le pas sur tout le reste.

Qui plus est, la personnalité d'Hikaru ne se limite pas à son rapport avec Asô: Elle a une passion en dehors de poursuivre le jeune homme, et qui plus est une passion scientifique qu'elle maitrise très bien (je pense notamment à un passage où elle explique l'expansion de l'univers à Asô). D'une manière général c'est un personnage très intelligent et autonome qui n'hésite pas à faire ce qui lui semble bien ou juste et aller envoyer paitre les autres. Rafraîchissant au milieu des héroïnes de shôjo qui sont ébranlées par le moindre événement ou propos qui va à l'encontre de leurs désires.

Enfin dans son évolution je trouve qu'Hikaru est un peu l'anti Makino (de Hana Yori Dango dont j'ai fait la critique incendiaire ici). Contrairement à celle-ci qui semble forte au début et devient la dernière des petites choses fragiles à la fin, Hikaru est une héroïne forte qui n'a que l'apparence (et encore) de la faiblesse et le reste tout au long du manga. Vous me direz en 4 tomes, c'est plus difficile de se planter mais quand-même, c'est un bien meilleur modèle, je trouve, à donner aux petites filles.

Omg des hommes qui pleurent et font le ménage ! ;w;

Autre chose qui m'a beaucoup plu en lisant Sora Log, c'est comment les hommes sont décris. Ici l'homme parfait n'est pas abusif et cruel caché derrière un masque impénétrable au delà duquel il faudrait réussir à voir pour pouvoir l'aimer. Evidemment, Asô est un ténébreux, mais il ne manipule pas Hikaru, n'est pas méchant avec elle ni ne la fait souffrir. Et quand il essaye de mettre de la distance entre eux bah... Il se rate lamentablement. Dans Sora Log les beaux mecs pleurent d'émotion et s'occupent des taches ménagères: Un changement dans la description de la virilité qui est le bienvenue !

Pelotages et bisous.

Un dernier truc qui m'a particulièrement marqué et que je trouve formidable: Les personnages se touchent. Ils se font des câlins, se prennent la main, s'embrassent, sans que ça donne lieu à une crise existentielle. Bien sûr je sais qu'au Japon, comme dans quantité d'autres pays par ailleurs, on n'apprécie pas beaucoup les contacts physiques en dehors des rapports intimes. Mais il y a quand même une marge entre porter atteinte à la pudeur et mettre 20 tomes, 4 remises en question de l'univers, et 400 trames à motifs nulles/scintillements, avant de s'embrasser (surtout si au final c'est un baiser forcé de la part de monsieur parce qu'il est jaloux).

Conclusion:

Sora Log n'est pas une lecture intellectuelle, mais divertissante, agréable qui met de bonne humeur, le tout avec une héroïne réellement intelligente, attachante, et avec un côté feminist-friendly et tout ça c'est très chouette.

Hiii des bishônen qui pleurent ! \o/

Hiii des bishônen qui pleurent ! \o/

Rédigé par Nocturne

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laulote 08/02/2014 12:36

Commentaire très agréable x) Je suis contente de t'avoir passer ce manga pour que tu le lises. Comme quoi on ne se tire pas les cheveux à la lecture de tout les shôjo ;)

myu 28/01/2014 01:30

tres sympas ton blog